Évaluation institutionnelle à l’échelle du socio-écosystème du Baobolong, Kaffrine, Senegal [Institutional assessment across the Baobolong socio-ecosystem, Kaffrine, Senegal]

Abstract

Le changement climatique a des implications sur l’agriculture et les moyens d’existence des communautés. Celles-ci développent des stratégies pour s’adapter en mobilisant des ressources et des savoirs. Cette étude de cas concerne l’écosystème du Baobolong dans ses parties inondées de la région de Kaffrine. Un terroir villageois regroupant des communautés qui comptent beaucoup sur la ressource eau, la forêt et les terres, est confronté à une degradation du fait des changements environnementaux. Cette réflexion met en exergue les défis d’adaptation, les enjeux de gouvernance et identifie les mécanismes institutionnels mis en oeuvre pour faire face.

En effet, la salinisation du Baobolong, la dégradation de la forêt, les problèmes d’érosion hydrique et éolienne, les irrégularités pluviométriques sont, entre autres, les défis les plus importants pour les parties prenantes locales. Face à ces défis, des difficultés inhérentes soit à des institutions publiques, soit à des comportements des communautés villageoises constituent les enjeux de gouvernance. Il s’agit des insuffisances des politiques publiques à apporter des solutions aux problèmes environnementaux car la plupart des interventions sont calquées sur des temps de projet, de même que la ponctualité des mécanismes actionnés et le manque de conscience de certains usagers des ressources. Les capacités d’adaptation des populations locales face aux contraintes environnementales dépendent de leurs propres capacités à tirer le maximum profit des opportunités qui arrivent à eux. Cette situation a conduit à la création d’une institution locale sur le modèle d’une association et qui joue le principal rôle sur tous les défis. AVRB regroupe 14 villages riverains du Baobolong et fonctionne selon un mixte de règles juridiques et de conventions «traditionnelles».Ce qui montre une institution partagée entre des normes de gouvernance universelles imposées par la loi et des règles socialement construites. En tant qu’acteur collectif, il réussit plus ou moins à occuper le terrain sur des problèmes divers mais en tant que mécanisme de gouvernance environnemental, il est limité dans ses ressources et ses stratégies.

Le système institutionnel dans sa globalité a des carences évidentes pour ce qui concerne le soutien des populations dans l’adaptation au changement climatique. Sur le terroir du Baobolong, les acteurs locaux sont comme laissés à eux même. Les institutions responsables de la gestion des ressources buttent devant le manque de ressources et de coordination de leurs actions. Le discours est alléchant mais les actes sont dérisoires. Des ONG et des programmes, financés par des bailleurs étrangers apportent des solutions sectorielles qui méritent d’être articulées entre elles et d’être mieux dirigées.

[Climate change has implications for agriculture and the livelihoods of communities, which are developing adaptation strategies by mobilizing resources and knowledge. This case study concerns the Baobolong ecosystem in the flooded parts of the Kaffrine region. A rural area comprising village communities that rely heavily on water resources, forests and land, it is facing a degradation due to environmental changes. This report highlights the challenges of adaptation, governance issues and identifies the institutional mechanisms used to cope.

Salinization of the Baobolong, degradation of forests, problems of erosion due to water and wind, and irregular rainfall are among the most important challenges for local stakeholders. In the face of these challenges, difficulties inherent to public institutions or to the behaviour of village communities constitute governance issues. This is about the inadequacy of public policy to provide solutions to environmental problems because most interventions are based on project timescales, as well as the punctuality of the mechanisms put into action and the lack of awareness of some resource users. The capacity of local populations to adapt to environmental stresses depends on their own ability to draw the maximum advantage from the opportunities that come with them. This situation led to the creation of a local institution in the form of an association which plays the principal role on all challenges: the AVRB (Association Villages Riverains du Baobolong) includes 14 villages bordering the Baobolong, and operates under a mix of legal rules and \"traditional\" conventions. This shows an institution sharing universal norms of governance imposed by law and socially constructed rules. As a collective actor, it more or less succeeds in occupying the territory where various problems are concerned, but as an environmental governance mechanism it is limited in its resources and strategies.

The institutional system as a whole has obvious deficiencies as regards the support of populations in adapting to climate change. In the region of the Baobolong, local actors are left to themselves. The institutions responsible for resource management come up against their own lack of resources and coordination of their actions. The discourse is attractive but the actions are derisory. NGOs and programs funded by foreign donors provide sectoral solutions that deserve to be articulated together and be better directed.]

Citation

Camara, A. D.; Fall, M. Évaluation institutionnelle à l’échelle du socio-écosystème du Baobolong, Kaffrine, Senegal [Institutional assessment across the Baobolong socio-ecosystem, Kaffrine, Senegal]. ILRI, Nairobi, Kenya (2015) 41 pp. ISBN ISBN 92–9146–384–1

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